La ferme d’Ifer : un système cohérent

actu_06102011113724Sylvie et Yvonnick Letort, exploitants de la ferme d’Ifer, ont eu la désagréable surprise de découvrir le projet de Plan local d’urbanisme et de devoir imaginer, à la place d’une partie de leurs champs, des zones construites … Vraiment désagréable quand on met au premier plan de son travail le respect de la nature et de la vie du sol.

Voici leurs explications sur le fonctionnement de la ferme :

En Agriculture Biologique depuis 15 ans, la ferme d’Ifer est redevenue un système global. Ce n’est plus une juxtaposition de parcelles indépendantes, mais une harmonisation des champs grâce au système des rotations. Nous avons la chance de travailler dans une ferme bien organisée autour des bâtiments. Le principe sylvo-agro-pastoral est bien en place.

Les haies conditionnent l’équilibre des parcelles et ont un rôle indispensable contre l’érosion. L’élevage est essentiel pour la bonne vie des sols, leur fertilité est conditionnée aux amendements humiques (fumier composté). Tout s’équilibre : sol, élevage, production de nourriture et respect de l’environnement. Cette ferme est un outil transmissible, où il est possible pour les générations futures de travailler et vivre de l’agriculture.

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Nous savons que nous sommes des paysans « urbains ». La vente directe est un choix naturel et agréable. L’acte de produire redevient noble contrairement à la production de masse de matières premières pour l’industrie agroalimentaire. Les contacts avec la population et avec nos clients permettent d’expliquer qui nous sommes, comment nous travaillons. Ces échanges nous obligent à toujours expliquer la cohérence de nos actions et à nous améliorer.

Les surfaces préemptables de la ZAD (Zone d’Aménagement Différé) représentent 9,62 ha soit 15 % de la surface d’Ifer. L’éventualité de perdre cette surface remet en cause tout cet équilibre. Nous avons la conviction de travailler pour le bien commun.
La conservation des terres en bio, la préservation des prairies naturelles, tout ceci est engagé avec les services de l’état. Les prairies naturelles sont figées, nous sommes responsable de leur conservation en l’état.

Pour résumer : la commune, dans son projet de PLU, prend le droit d’artificialiser un sol agricole, alors que par nos pratiques et notre engagement nous pérennisons son rôle naturel et son utilité publique.